Derniere vraie teuf au Rade Evil dimanche soir!

Publié le par gazette intersquat

Expulsables le 29 décembre 2009, on aura bien profité de la lenteur de l'appareil juridique! Les dernieres semaines etaient bien agitées, bien vivantes. Une maison de 4 personnes qui s'ouvre a une dizaine supplémentaire, ca laisse de quoi s'interroger sur la vie collective. Toujours les memes questions compliquées de la répartition des taches, des émotions qui nous emportent et puis des discussions, des nouvelles problematiques. Deconstruire. Et qu'est ce que vous faites de vos journées? Parfois pleins de trucs, des réus, des récup, du ménage et des travaux manuels(big up!). Parfois on bulle au soleil, on apprend a se connaitre, on discute de ce qui nous passe par la tete, on se la prend régulièrement. On fume des clopes parceque voilà, c'est bon. On raconte des bétises, on s'aime et on pleure aussi. Mais surtout on vit. Ici on a le droit de vivre et meme d'exister sans travailler, meme sans argent du tout. On se fixe nos propres contraintes, on essaie de voir l'autre comme un etre vivant avec ses difficultes, ses desirs. Deconstruire. Se penser en dehors des cadres, des categories dans lesquelles on trouve refuge quand on sait plus bien qui...et comment...Prendre le temps de se regarder, de s'ecouter. Laisser l'autre se construire comme il l'entend, l'encourager, le laisser etre une partie de soi-meme. Se laisser etre une partie du tout. Deconstruire, reconstruire ensemble. Comme ca nous plait mieux. L'autogestion c'est toujours long...Nos prises de décisions sont lentes mais satisfaisantes parcequ'on y reflechit ensemble. La destruction des normes, la mise en lumiere des schémas qui nous régissent, des rapports de pouvoir qu'on aimerait pas entretenir mais qui sont là malgré nous. Critiquer, déconstruire, aimer. Haha ca sonne comme une dévise et je rigole toute seule dans ma chambre que je quitte dans quelques jours. C'etait ca le début de l'article, j'avais pas prévu d'écrire autant mais j'ai besoin de parler de ce qui nous est arrivé ces derniers mois. J'ai la boule au ventre. Ca fait parti du jeu qui est pas vraiment juste. On rentre et puis on sait qu'on devra etre "explusé-e-s" un de ces quatre...Dehors nos meubles, nos vetements, nos trucs qui servent a rien, dehors nos posters, adieu les murs peints et les espaces disposés, redisposés comme on les prefere, comme c'est mieux pour 2, pour 4, pour 12...Dehors les sessions cuisine, les sessions jeu, les heures a écouter de la musique, nos réu, nos boom improvisées ou pas, nos blabla, dehors nos joies, nos pleurs, nos relations. Expulsé-e-s. Explosée, la bulle de savon. La suspension de beauté, d'émotion. Intensité d'une vie révée. Impression d'avoir participée à la construction d'une intense situation. Laisser les murs se peindre et se dépeindre. Pas de controle sur la "décoration", sur l'ambiance, sur les émotions. Pas fixe. Décréer, recréer, se realiser. Etre un peu plus qu'avant. Partir, laisser la maison mourir. Glander un peu chez les potes le temps de s'en remettre. Recommencer ailleurs...Jamais pareil.

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